J’ai récemment pris le Kodak Charmera avec moi en vacances, et je peux l’affirmer sans trop trembler : c’est le pire appareil photo que j’ai jamais eu entre les mains. Et je ne parle pas d’un défaut amusant qui fait bien dans un top 10 de fin d’année, non, c’est un ratage complet, fondamental. Mais vu que l’engin s’inscrit dans cette nouvelle mode des appareils porte-clés, qu’il tient davantage du jouet que du véritable outil photographique et qu’il coûte à peine 35 balles, j’ai du mal à lui en vouloir. Ce petit truc est même curieusement attachant.
Ciels complètement cramés, détails qui bavent, colorimétrie qui part dans tous les sens… et pourtant, je suis fan. Si on s’en tient aux critères habituels, les résultats sont dégueulasses (même si chez Kodak, on n’aimerait sans doute pas que j’emploie ce mot). Mais c’est précisément l’idée. L’objectif n’est pas de remplacer un vrai boîtier, ni même un smartphone, mais plutôt de sortir des images moins lisses, moins cliniques. Si ce rendu un peu brut revient en force, c’est pour un paquet de raisons : un ras-le-bol de la perfection toxique qu’on nous vend sur les réseaux, une quête d’images plus authentiques, ou simplement l’envie de retrouver une époque où la technologie était fun et pas une menace constante pour notre vie privée. Pour ma part, c’est juste un bon gros trip nostalgique. Ça me rappelle la gueule qu’avaient les photos de mon enfance.
Techniquement, ces clichés sont aux fraises, mais ils ressemblent à de vrais souvenirs. Ils ont ce grain typique des premiers appareils numériques de la fin des années 90, et bizarrement, ça les rend beaucoup plus touchants. Prenez une photo de plage avec le dernier photophone haut de gamme : elle sera nickel. Prenez la même avec cette bouse : on dirait un vestige de vacances familiales exhumé d’un vieux disque dur qui prenait la poussière. Est-ce que c’est juste une posture ? Sûrement un peu. Choisir sciemment une qualité d’image pourrie alors qu’on a un monstre de technologie dans la poche, c’est de la mise en scène, on ne va pas se mentir. N’empêche que pour faire des instantanés délibérément imparfaits, j’ai fini par m’y retrouver et j’ai pris mon pied. Dans un monde où chaque image est de plus en plus nette et calculée par des algorithmes, il reste visiblement de la place pour du matos qui fait presque tout de travers.
Cet appétit pour la nostalgie et les objets de caractère ne s’arrête d’ailleurs pas aux boîtiers eux-mêmes. Le marché est inondé d’accessoires qui tentent de surfer sur cette esthétique du passé, à l’image du dernier joujou de chez Viltrox : le flash Vintage Z1 Pro. Des flashs portables, il y en a autant que de routes qui mènent à Rome. Mais un modèle au design ouvertement rétro qui promet des fonctionnalités pro avec un éclairage digne d’un studio, ça mérite qu’on s’y attarde pour compléter notre setup anticonformiste.
À première vue, avec sa finition argentée et son revêtement texturé façon cuir, on jurerait qu’il est en métal, pile dans l’esprit des vieux coucous argentiques. Spoiler : c’est du plastique, et au toucher, l’illusion s’évapore assez vite. Mais si on passe outre, le vrai tour de force du Vintage Z1 Pro, c’est son encombrement. Le truc fait à peine 68,5 x 72,8 x 49,9 mm pour environ 136 grammes. C’est franchement bluffant pour ce qu’il a dans le ventre. Et surtout, une fois monté sur la griffe, il ne vient pas flinguer le centre de gravité de l’appareil, un détail crucial pour ceux qui shootent beaucoup à main levée. La tête du flash est intégrée directement au corps de l’appareil. Oubliez donc l’idée de la faire pivoter pour jouer avec la lumière rebondie, ce n’est pas au programme. Elle a quand même un léger renfoncement à l’avant pour éviter de rayer l’ampoule, et on y trouve un capteur optique pour le mode esclave, ainsi qu’un diffuseur en plastique détachable à clipser devant. Malgré son format réduit, son design très carré a tendance à alourdir visuellement la configuration, surtout si vous le calez sur un tout petit combo boîtier/objectif. Ça lui donne un look un peu pataud. Au passage, sans vouloir chercher la petite bête, vu sa faible hauteur, j’imagine très bien que ça puisse coincer avec un objectif un peu long et vous balancer une belle ombre portée en plein milieu de votre sujet. Gardez aussi un œil sur la météo : la fiche technique ne mentionne aucune étanchéité.
C’est à l’arrière que la magie opère et que l’ergonomie montre ses limites. Au centre, on trouve un interrupteur coulissant basique et un bouton test. À gauche, une molette physique assez imposante qui gère directement la puissance du flash par paliers d’1/3 d’IL. Un appui simple bascule entre les modes TTL et Manuel, un double clic vous plonge dans les paramètres de synchro (Haute Vitesse, premier et second rideau), et un appui long règle la luminosité de l’écran. Dans l’absolu, c’est hyper agréable d’avoir une vraie molette pour ajuster ses réglages à l’aveugle. Sauf que cette molette a un jeu pas possible et s’avère franchement capricieuse. Sur le terrain, pendant un événement où je jonglais avec deux appareils en bandoulière, j’ai passé mon temps à l’accrocher par mégarde. On se retrouve vite à déclencher avec des réglages qui n’ont plus rien à voir avec ce qu’on avait prévu. Il aurait suffi de virer les modes de cette molette et de l’enfoncer d’un pauvre millimètre dans le boîtier pour régler le problème. Comme c’est la seule pièce mobile pour contrôler la puissance, j’ai aussi quelques doutes sur sa longévité si vous êtes un utilisateur intensif.
Si les commandes physiques vous sortent par les yeux, il reste l’écran tactile circulaire flambant neuf sur la droite. Bizarrement, on ne peut pas encore s’en servir pour ajuster la puissance. Par contre, il est ultra réactif, sans la moindre latence, et se cantonne à la gestion des modes de flash et des rideaux. Je soupçonne Viltrox d’avoir volontairement bridé les interactions tactiles sur cet écran pour éviter qu’on dérègle tout avec son front en collant l’œil au viseur, un classique absolu quand il fait chaud et qu’on transpire au milieu d’un shooting. C’est peut-être un choix de conception un peu archaïque, mais tout compte fait, ça colle parfaitement à l’esprit d’un équipement qui refuse la perfection clinique moderne.
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